Raphaël Haas, 33 ans, est professeur de Religion catholique à l’Institut Saint Louis à Bruxelles. Il est diplômé d’un Master de Théologie de Domuni Universitas (en partenariat avec l’Université de Lorraine) et s’est spécialisé sur le dialogue religieux entre bouddhistes et chrétiens. Son premier livre, Pleine conscience, est publié chez Domuni Press.

Vothay-webtre livre met en lien votre foi chrétienne et le bouddhisme, comment en êtes-vous arrivé à travailler sur cette religion ?

Au cours de mon Master de Théologie j’ai pu suivre des cours sur le dialogue inter-religieux, qui me passionnait depuis longtemps, et je me suis rapidement intéressé au bouddhisme en particulier. J’avais passé un an à Dalian en Chine pendant ma formation d’enseignant, entre la 1ère et la 2ème année et cette expérience m’avait sûrement inspiré l’ouverture particulière à d’autres cultures, l’envie de comprendre une autre logique, etc. A l’époque, je ne m’étais pas encore vraiment intéressé au bouddhisme. En revanche, Matteo Ricci était déjà pour moi un modèle dans les rencontres interculturelles et interreligieuses. Par après, la découverte du bouddhisme a fortement éclairé mon cheminement spirituel chrétien.

Pleine conscience résume entre autres la pensée du moine Thich Nhat Hanh, pourquoi ce choix ? Quel est son rapport au Christianisme ?

C’est pour mon mémoire de Master que je me suis intéressé à Thich Nhat Hanh. Je savais qu’il avait écrit un livre sur Jésus et Bouddha. Il est à noter que c’est un auteur fort populaire en occident et pourtant, il ne semble pas être une référence dans les milieux universitaires. Il faut admettre que par moment, il semble avoir une vision très personnelle du zen. En tout cas, à chaque fois que j’entendais parler de pleine conscience, cela renvoyait automatiquement à l’enseignement de Thich Nhat Hanh.

Son expérience est particulière, après avoir été plutôt hostile aux chrétiens à cause de la colonisation et de la guerre d’Indochine, il quitte le Vietnam pour les États-Unis et cela l’amène à rencontrer des chrétiens. Il comprend alors un certain besoin « d’être ensemble ». Ses livres ne sont pas toujours faciles à lire parce qu’il ne propose pas un développement scientifique mais qu’il parle avec son cœur, c’est un mystique. Il fait le même constat que certains chrétiens en Europe aujourd’hui, sur la difficulté de transmettre une foi aux jeunes générations, sur la perte de spiritualité… L’idée de Pleine conscience est de mettre en parallèle les textes de l’Église chrétienne et la pensée de Thich Nhat Hanh.

Comment définir ce terme de « Pleine conscience » qui semble le pilier de votre livre ?

La pleine conscience est la capacité à profiter entièrement du moment présent. Etre ici et maintenant. Faire l’expérience d’un élément qui peut paraître aussi anodin qu’une tasse de thé, sans penser à aucune chose d’extérieure. Thich Nhat Hanh expérimente particulièrement cette idée au Village des Pruniers qu’il a fondé en France, lieu de retraite ou de résidence où la cloche annonce des moments de « pleine conscience ». C’est une forme de méditation pour libérer l’esprit. Elle est facilement adaptable au christianisme qui propose aussi de vivre les choses de façon entière, de respecter une vraie hygiène de vie. A ce titre, les cinq entraînements à la pleine conscience, régulièrement cités par Thich Nhat Hanh, et que j’aborde dans mon ouvrage, me semble être la meilleure porte d’entrée pour un dialogue fructueux entre bouddhistes et chrétiens à partir de la vision du maître vietnamien.

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